C’est la vie: un portrait familial vraisemblable qui résiste à l’épreuve du temps

C’est la vie: un portrait familial vraisemblable qui résiste à l’épreuve du temps

On est en 1958 et le divorce est encore un phénomène rare et tabou. Comment expliquer une telle situation à ses enfants, quand on a de la difficulté à en discuter entre adultes? C’est le propos de C’est la vie, cinquième long-métrage de Diane Kurys, sorti le 14 février, 1990. La réalisatrice nous présente encore un film qui s’inspire de ses vécus, voire du divorce de ses parents lors de sa jeunesse.

C’est lors de leurs vacances d’été, passées en famille à la Baule-les-Pins, que Sophie et Frédérique apprennent que leurs parents vont se quitter. Frédérique, l’aînée de treize ans, garde un journal dans lequel elle confie ses inquiétudes au sujet de ses parents et son histoire d’amour avec son cousin Daniel. Jouée par Julie Bataille, Frédérique traduit avec précision la confusion et la naïveté du premier amour et du passage étrange à l’adolescence. Bataille manifeste une gamme émotionnelle très nuancée, faisant preuve d’une grande maturité pour une actrice aussi jeune.

Kurys nous fait revivre notre enfance en mettant en scène une relation très typique entre deux sœurs. Les querelles mélodramatiques, les regards rusés, et les tendances capricieuses des deux filles créent un portrait de famille très réaliste. Par ailleurs, les moments plutôt sérieux entre Lena et Michel, parents de Frédérique et de Sophie, sont un peu moins convaincants que ceux entre les deux filles. Globalement, l’atmosphère conçue est poignante, et les mises en scène sont magnifiques.

Les contrastes créés par les enfants bronzés sur le sable blanc ainsi que les couleurs vives des vêtements soigneusement choisis créent des images magnifiques qui font presque gouter la mer. De longs montages mélancoliques composés de prises de vue qui tracent le long du rivage, accompagnées d’une musique douce, vont contrebalancer les disputes familiales et les scènes chargées de dialogue.

D’autre part, une des scènes les plus émotivement chargées ne comprend en fait aucun dialogue. C’est sans doute la dernière fois que toute la famille se retrouvera ensemble et la caméra fait un tour de table pour dévoiler les expressions de chacun. Un regard furtif est échangé entre Michel et Lena, Sophie danse un ballet devant eux, tout doucement, puis une musique classique rend la tension dans la salle palpable. Aucun mot n’est nécessaire. La fin de l’été est là et personne n’y peut rien; c’est la vie.