Le grand serpent du monde : un trésor à découvrir

 Photo: IMBd

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Lauréat du prix Karlovy Vary International Film Festival 2000, Yves Dion a réalisé un film impressionnant qui se présente sous forme de fiction intitulé Le grand serpent du monde en 1999. Grâce à sa compétence et à son talent incontestables, ce réalisateur québécois a laissé une forte empreinte sur le spectateur, moi incluse. Son œuvre, soit un récit d’amour avec des nuances psychologiques, nous fait voyager dans des univers mentaux complexes. 

Tout d’abord, le récit s’organise autour de deux personnages mystérieux : Tom Paradise et Anaïs. Le jeu de l’acteur principal, Murray Head, lequel incarne Tom Paradise, est plus surprenant et émouvant qu’attendu. Chauffeur d’autobus, âgé d’une cinquantaine d’années, possédant des yeux noisette qui se marient parfaitement à ses cheveux bruns, Tom Paradise est à la recherche de la liberté.

Âgée d’une vingtaine d’années et toujours tirée à quatre épingles, l’actrice principale Zoe Latraverse est charmante. Or, son jeu dans le rôle d’Anaïs n’est pas convaincant. De son côté, le jeu du jeune acteur Gabriel Arcand, qui interprète le rôle de Monsieur, un passager d’autobus souffrant de maladies mentales, a suscité plus d’admiration de ma part.

Ce chef-d’œuvre a eu beau être seulement disponible en version française, il a obtenu un immense succès grâce à son intrigue claire et palpitante. L’esprit libre de Tom Paradise, soit « la vie, c’est le mouvement », mentionné par le chauffeur lui-même, contribue à faire en sorte que ce film présente une réflexion sur les événements de sa vie. Le spectateur réussit à s’identifier à Tom, ce qui rend selon moi l’œuvre plus captivante. De plus, il y a un revirement final étonnant dans la trame de l’histoire : Anaïs est en fait la fille de Tom. Pas surprenant que ces deux personnages se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Il s’agit d’un film visuellement impressionnant. Certains aspects techniques sont néanmoins mieux réussis que d’autres. La scène à la piscine, où Anaïs entraîne brusquement Tom vers le fond pour le noyer, m’a séduite grâce à l’excellent usage de la caméra sous-marine. De plus, Le grand serpent du monde illustre une certaine douleur de par des images saisissantes, telles que celle du paysage urbain et l’image très distincte de la beauté des champs colorés qui s’étendent à perte de vue.

Il est dommage que ce film soit aussi court. Mais quelle que soit la durée de ce film, il comporte plusieurs effets sonores remarquables et des compositions de musique bouleversante de Serge Laforest. On réussit par exemple à capter le chant des oiseaux et la musique d’opéra, qui créent des images enchanteresses.

Quoiqu’il ait été plutôt boudé par le grand public lors de sa sortie, ce film m’a tenue en haleine du début à la fin. Il est à voir absolument!