Pro Tem is the Bilingual Newspaper of Glendon College. Founded in 1962, it is York University’s oldest student-run publication, and Ontario’s first bilingual newspaper. All content is produced and edited by students, for students.

---

Pro Tem est le journal bilingue du Collège Glendon. Ayant été fondé en 1962, nous sommes la publication la plus ancienne de l’Université York ainsi que le premier journal bilingue en Ontario. Tout le contenu est produit et édité par les étudiants, pour les étudiants.

Les variations de la langue française: une étudiante en échange partage ses observations linguistiques

Les variations de la langue française: une étudiante en échange partage ses observations linguistiques

 cr: el popular

cr: el popular

Il faut se rendre à l’évidence : la distance qui sépare le français canadien du français de France est plus que géographique. D’un côté de l’océan à l’autre, d’importantes différences historiques et culturelles façonnent cette langue internationale. De ce fait, certaines expressions qu’utilisent les Français ainsi que les bordelais - habitants de Bordeaux - valent la peine d’être soulignées et comparées aux expressions canadiennes.

Quoique l’on attribue souvent au français québécois et canadien une très forte influence anglophone, le français de France emprunte lui aussi lourdement de l’anglais. Au Canada, l'anglais détient une place considérable dans la langue française pour de nombreuses raisons, telles que notamment le Traité de Paris de 1763 et la proximité du pays aux États-Unis. Le mélange anglo-français est donc inévitable, voire naturel, mais pas toujours perçu de façon positive par autrui. Pourtant, l’anglais est à la mode en France, surtout chez les jeunes. Les Français emploient de nombreuses expressions anglicisées dans leur langage parlé et écrit. En effet, « weekend » remplace « fin de semaine », car « fin de semaine » renvoie supposément au jour de vendredi. De même, « parking » prend la place de « stationnement » et la maîtrise à l’université devient le « master ». Les traces du français s’effacent, voire se mélangent à l’anglais dans le domaine technologique. Le « mail » ou « mél » ainsi que le fait de « chatter » rendent compte de cette hybridation linguistique distinctive.

Les français emploient souvent l’anglais mais insistent d’autant plus sur la soudaineté des circonstances par le biais de l’expression « du coup ». Ayant en quelque sorte le sens de « dans ces conditions » et « en conséquence », cette expression est utilisée de manière constante et de façon tout à fait naturelle par les Français de tout âge. Selon Elodie Xiong, étudiante française en Master 1 à l’Université Bordeaux Montaigne, ce tic verbal est employé extrêmement souvent dans le langage oral pour dire « du coup par ci », « du coup par-là ». Xiong ajoute : « Cette expression paraît contagieuse, et l’utiliser est inévitable! En ce qui me concerne, j’utilise ces termes comme connecteur logique. » L’équivalent canadien de ce lien logique, s’il a lieu, est « donc », ou encore au Québec « pis ». Mais ni l’un ni l’autre ne réussit à traduire parfaitement le sens exact, voire la portée sociale de cette expression typiquement française.

Il existe d’innombrables autres expressions courantes propres aux Français que l’on apprend peu à peu à intégrer à notre propre français parlé à force de les entendre régulièrement. Par exemple, les Français déclarent parfois qu’ils « ont la flemme » pour indiquer qu’ils se sentent las, et qu’ils sont à la « fac », soit sur le campus universitaire. Les bordelais, quant à eux, emploient le mot « poche » au lieu de « sac en plastique », « gavé » au lieu de « trop », et « chocolatine » au lieu de « pain au chocolat ». Il existe cependant beaucoup d’expressions françaises que l’on ne réussira peut-être jamais à accepter malgré nous, surtout par rapport à la gastronomie. Les Français qualifient leurs repas de « petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner », et non de « déjeuner, dîner, collation, souper » comme au Canada.  Et en général, ils consomment des « pommes de terre » et non des « patates ». Les Canadiens et les Français peuvent se comprendre de façon réciproque et décider d’emprunter les expressions de l’autre, ou au contraire trouver absolument insolite les choix linguistiques de l’autre.

En tant que franco-torontoise et Canadienne française, vivre et étudier en France constitue pour moi une véritable expérience linguistique et identitaire à la fois. Ayant grandi à Toronto, un milieu majoritairement anglophone, je me retrouve à présent dans un milieu complètement francophone où l’on suppose souvent que je suis anglophone en raison des expressions que j’emploie ou de la construction de certaines de mes phrases. Je choisis donc d’exhiber ma francophonie canadienne avec fierté, tout en gardant une ouverture d’esprit face aux différentes expressions que j’entends. J’emprunte de ce français, je l’incorpore volontiers au mien, en restant cependant fidèle à mes origines et à qui je suis.

Introducing this year’s International Studies Symposium: Thailand!

Introducing this year’s International Studies Symposium: Thailand!

#MeToo: What the viral hashtag can teach us about today’s feminism

#MeToo: What the viral hashtag can teach us about today’s feminism