L’État islamique continue à frapper. Que faire?

Issues - ZIAÏAN, Shodja Eddin (prof), L’État islamique continue à frapper, cr. opensource google .jpg

Un Islamique (Islamiste) roule au volant d’une camionnette sur des piétons, ce 31 octobre à New York, faisant huit morts et plusieurs blessés, en soutien à l’État islamique, déclare-t-il fièrement. Un autre avait fait de même au mois de mai, dans cette ville. Le 15 septembre, c’était à Londres, cinquième tentative d’assassinat collectif depuis le début de l’année rien qu’en Angleterre. Le 17 août, c’était en plein coeur de Barcelone, écrasant, une fois de plus, l’humanité au nom d’Allah.

Je ne compte pas le nombre d’attentats terroristes commis au nom de l’Islam. N’oublions pas, au Canada, le récent attentat islamique à Edmonton. À savoir que ces assassinats sont commis de manière hebdomadaire si ce n’est quasi quotidiennement en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, notamment par des islamiques/islamistes sunnites (traditionalistes) contre des Musulmans considérés hérétiques, notamment contre les Musulmans chiites, ahmadyé, ismaélites, druzes, izadis, derviches, … ou contre des femmes insuffisamment voilées ou désobéissantes, mais aussi en Afrique, particulièrement en Somalie et au Mali. Rien que pour l’an 2016, 1274 attaques islamiques/islamistes dans cinquante pays, ayant causé la mort de 11 774 personnes et 14 303 blessés. Sans compter, je suppose, les victimes du conflit armé régulier entre l’État islamique et les gouvernements irakien et syrien. Sans compter le génocide perpétré par l’État islamique contre le peuple Izadi / Yazidi, dans cette même région d’Asie occidentale. Dans les années suivant des élections législatives en Algérie (1991) qui devaient porter le parti islamique au pouvoir mais qui ont été annulées, le nombre de victimes tuées d’attentats islamiques s’était élevé à des dizaines de milliers de personnes (60,000 à 150,000), rien que dans ce pays. Les vraies statistiques mondiales manquent, du moins je ne les possède pas.

En ce qui concerne les attentats terroristes islamiques en Europe et en Amérique du Nord, à chaque fois les dirigeants du monde Nord-Atlantique ont employé les mêmes formules creuses et sans conséquence de condamnation et de condoléances. Aucune décision concrète pour combattre le militantisme islamique criminel à sa source. Pourquoi? Car les sources, très bien connues, Arabie saoudite, Émirats Arabes, Qatar, sont aussi celles de nos pétrodollars. Car ces pseudo-États sont nos alliés, voire nos créatures, celles du colonialisme marchand anglo-américain qui domine la planète.

Islamisme et mercantilisme sont, de nos jours, les deux faces d’un même Janus, inséparables. Ils introduisent, en complicité, un nouveau vocable à la mode : «Islamophobie» !  Or, on devrait dire «Musulmanophobie». Il y a différence entre «Musulman», personne née dans cette religion, et «Islamique», personne ou autorité souhaitant l'application à la lettre des vieilles lois et préceptes coraniques (la Sharia). Le Musulman n’est pas plus ou moins à craindre que je Juif ou le Chrétien, si ce n’est, pour chacun, dans leur degré d’intégrisme. Tous les trois, en principe, croient à l’histoire d’Adam et Eve, tous les trois sont adeptes d’un certain Abraham prêt à égorger son fils pour avoir entendu la voix divine le lui commandant. Tous les trois croient à ce dieu impitoyable et cruel qui commande, entre autres calamités, massacres et destruction totale à Sodom et à Gomorrhe, génocide en Égypte, n’épargnant ni femmes, ni enfants, ni bétail.

«Phobie» signifie peur, crainte (étymologie grecque), peur irraisonnée, angoissante et obsédante, dans son acceptation actuelle. Or, contrairement aux déclarations, ignorantes sinon hypocrites, de nos politiciens ou de certains chefs de mosquées qui prétendent que l'Islam est doucereux et que ce sont certains Musulmans qui défigurent cette religion, il s’agit bien du contraire : c’est l'Islam qui est dangereux et non point les Musulmans qui le seraient. Ce sont les islamiques ou islamistes, les fondamentalistes  qui sont dangereux, ceux qui cherchent à imposer l'application de l’Islam politique. Madame Marion Boyd, procureur général de l'Ontario (1993-1995), ministre NPD déléguée à la Condition féminine (1991-1995)  qui souhaitait instituer des tribunaux islamiques en Ontario était islamique et dangereuse sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir. C’est la diaspora musulmane, en particulier iranienne, farouchement opposée au projet, qui en a empêché la réalisation.

On décapite de simples citoyens que l’on trouve insuffisamment islamiques. On écrase par camion des gens qui se promènent. On violente les filles. On les vend sur le libre marché que protège l’Otan dirigée par les États-Unis. On bâillonne par des assassinats journalistes et caricaturistes. On commet des génocides, une dernière à l’encontre du peuple Izadi/Yazidi pour ne pas remonter dans l’histoire et revoir les génocides islamiques perpétrés contre les égyptiens, les iraniens et autres peuples et cultures, tout cela au nom de l’Islam.

Néanmoins le parlement canadien de Justin Trudeau, Tom Mulcair, Élizabeth May et compagnie vote à grande majorité pour condamner la peur que les Canadiens pourraient avoir de l’Islam! Et si des parlementaires conservateurs ne votent pas en faveur, ce n’est pas pour de bonnes raisons mais généralement par xénophobie !

Je suis né Musulman et, comme des centaines de millions d’autres Musulmans, n’ai pas peur de moi-même; mais j’ai de solides raisons d’avoir peur de l’Islam, même si le parlement canadien me l’interdit et me dit que ma peur n’a aucune raison d’être. Qu’on n’aille pas, comble d’ironie et d’absurdité, m’accuser de racisme et d’incitation à la haine contre moi-même! Cette motion du parlement canadien représenterait en fait non point la phobie, une peur irraisonnée, mais la réelle peur de l’Islam qu’il essaierait ainsi d’apaiser. Parlons donc de véritéphobie, peur de la vérité!

L’Islam assassin est un concept qui participe à notre véritéphobie. Car le mot assassin dériverait du mot arabe «assâsyun» signifiant «fondamentalistes». Il s’agissait d’islamistes tuant les dirigeants qui n’appliquaient pas l’Islam à la lettre. Assassin  et fondamentaliste (en l’occurrence islamique) ne font qu’un seul et même mot. L’Islam traditionnel (c’est le sens du mot sunni) a besoin de réforme radicale, non pas de notre soutien. L’autre vérité que l’on voile, c’est l’explication de la cause de notre complaisance à l’égard de l’Islam assassin :  ne pas divulguer le profit que tire le système mercantile du développement des mouvements islamiques.

En janvier 2015, Stephen Harper proclamait le roi Abdullah d’Arabie ardent défenseur de la paix! Ardent défenseur de la paix, cet homme finançant les mosquées et mouvements les plus fondamentalistes, les islamistes de tous bords, chef de l’un des régimes les plus rétrogrades de la planète? Comment expliquer cette contre-vérité flagrante si ce n’est que ce roi et ce régime ont beaucoup d’argent, qu’ils en distribuent généreusement, et que le Canada venait de délivrer une facture de 15 milliards de dollars au régime saoudite pour l’achat d’armement made in Canada. Et que dire du récent voyage du président étasunien Donald Trump en Arabie Saoudite où il déclare avoir signé des accords avec cet État, notamment de vente d’armes, pour 350 milliards de dollars! Somme qui dépasse l’ensemble des PNB de plus de 30 pays africains!

L’Histoire d’amour entre le complexe militaro-industriel-financier mondial et l’impérialisme islamique ne date pas d’hier. Le royaume Saoudite et l’État d’Irak furent créés par les alliés anglo-américains à l’issue de la première guerre mondiale. L’État «purement» islamique du Pakistan a été créé de toutes pièces par le colonialisme anglais en 1947. Si seulement l’humanité tolérante savait ce que veut dire Pakistan ! Bush II contribua à l’institution des deux nouvelles républiques islamiques en Afghanistan et en Irak, son successeur, Obama, à celui de «l’État islamique de l’Irak et du Levant» (ISIL/ISIS/DAESH). L’Afghanistan n’aurait pas existé comme État sans l’assistance du colonialisme britannique au 19e siècle qui déclara la guerre contre la Perse (l’Iran) pour en détacher cette partie du territoire et créer un état tampon entre la Russie et l’Inde qui, elle aussi, était devenue britannique, colonisée.

Mais la plus importante des vérités que l’on ne veut divulguer c’est que notre système marchand d’économie continue à détruire la planète à un rythme effarant. L’épicentre politique de cette destruction écologique planétaire est constitué par l’axe Londres-Washington qui poursuit l’idéologie économiste mercantile de la défense du marché libre et de celle de la propriété privée des ressources planétaires que le système dilapide. Le Canada politique actuel se trouve sur cet axe. Cette défense du système mercantile est assurée par les interventions ou les menaces d’intervention militaires des États-Unis qui dirigent l’OTAN. Ce crime permanent contre l’humanité est masqué par les médias dominants au service du système et par une campagne médiatique mondiale qui tente de nier ou de trivialiser  les effets de notre action industrielle sur la pollution de l’air, du sol et de l’eau. Malgré notre prise de conscience écologique croissante, nous sommes devenus presque indifférents au fait que la Terre va bientôt devenir inhabitable à l’humanité et que l’on comptera très bientôt un Canadien sur deux atteint de cancer. Ce qui importe, disent nos politiciens au service du pouvoir marchand, au service du système mercantile et de propriété privée des ressources planétaires naturelles non-renouvelables, c’est de créer des emplois  - temporaires et profitant aux marchands-employeurs les plus puissants. Il faudrait donc voir dans le développement de notre Islamisme assassin le corollaire (anti-thèse réactionnaire) de notre mercantilisme criminel que nous refusons de dévoiler. Nous sommes tous pour le voile.

Récemment, nos élus canadiens ont condamné un attentat imbécile au Québec par des discours pathétiques au parlement et à la mosquée, notamment celui d’Élizabeth May au parlement.  Mais le plus navrant était celui de Philippe Couillard à la mosquée, avec son «Allah o Akbar», cri de guerre des islamistes avant ou au moment d’égorger leurs victimes! Allah aurait alors récompensé le Premier Québécois pro-saoudite en lui offrant soudain un excédent budgétaire «inattendu», «dix fois plus élevé que prévu», lit-on dans la presse! Allah o Akbar! «Vraiment, je vous le dis, Allah est le plus Grand»!

Que fallait-il donc faire? Un discours courageux aurait été de condamner toute violence. À la fois la violence religieuse abrahamique de nos vieilles religions à l’encontre de la fumanité (de la féminité et de l’humanité), et la violence industrielle à l’encontre de la Nature, la violence à l’encontre de notre environnement planétaire terrestre, è l’encontre de notre Mother Nature. Islam signifie Soumission. Et malheureusement nos politiciens au pouvoir, tous économistes, semblent déjà soumis ou au seuil de cette Soumission, grâce aux pétrodollars, du moins momentanément.

*  Citoyen du monde, Docteur d’État en sciences économiques (Université de Paris), études postdoctorale en sciences de la paix / Peace Science (Université de Pennsylvanie), professeur à la retraite, Shodja Eddin Ziaïan a enseigné à Glendon depuis 1989. Il a été de 2008 à 2010 membre du Cabinet fantôme du Parti Vert du Canada. Il invite à créer une nouvelle formation politique qui ne soit pas sectaire : Solidarité planétaire / Earth Solidarity.