Pro Tem is the Bilingual Newspaper of Glendon College. Founded in 1962, it is York University’s oldest student-run publication, and Ontario’s first bilingual newspaper. All content is produced and edited by students, for students.

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Pro Tem est le journal bilingue du Collège Glendon. Ayant été fondé en 1962, nous sommes la publication la plus ancienne de l’Université York ainsi que le premier journal bilingue en Ontario. Tout le contenu est produit et édité par les étudiants, pour les étudiants.

Of Gods and Mortals : le visage glendonien de la mythologie

Of Gods and Mortals : le visage glendonien de la mythologie

Du 23 au 26 janvier, les Productions Cœur de Lion ont mis en scène Of Gods and Mortals, une pièce inédite qui unit tout en modifiant les mythes grecs de Prométhée, de Perséphone et Hadès, ainsi que celui de la boîte de Pandore. À la fois traditionnelle et moderne, la pièce, écrite de manière rigoureuse et ingénieuse par des étudiantes de Glendon, tisse des liens entre les quêtes identitaires, amoureuses et familiales que mènent divers personnages mortels et divins tout à fait distincts les uns des autres.  

En août 2018, la metteure en scène, Delphine Guet-McCreight, s’est mise d’accord avec Brontë Link-Newman et Sarah (Westy) Weston, afin d’écrire un scénario qui combinerait les trois mythes : « Brontë et Westy ont chacune écrit le brouillon de leurs histoires avec les mythes de Perséphone, d’Hadès et de Pandore. Il a ensuite fallu réécrire la plupart du texte, ce qui m’a permis d’y ajouter mes propres idées et le personnage de Prométhée, afin de former un tout cohérent qui aborderait les thèmes de la mortalité, de l’amour, des hiérarchies, de la religion et de la famille. »

Selon la metteure en scène, les histoires tout à fait différentes mais connexes de Perséphone et Hadès offraient énormément de possibilités diverses de construction de l’intrigue. « Je voulais une pièce qui illustrerait plusieurs facettes du monde et des différentes classes sociales », souligne Guet-McCreight. On a ajouté le mythe de Pandore pour accentuer les différences entre Perséphone, déesse de la terre et de la nature, Hadès, dieu de l’enfer, et Pandore, une mortelle prise entre les jeux des dieux. »

Prométhée a été ajouté plus tard dans le scénario. Le jeune titan, incarné par Jamie Salloum, est à l’origine de tous les obstacles de la pièce. Habillé de façon décontractée avec une veste et des pantalons en cuir, l’existence de Prométhée dicte indirectement toutes les décisions que prend Pandore, jouée par Jordan Lie, jeune mortelle « fabriquée » pour punir le titan, au grand désarroi des mortels.

Des scènes simultanées à l’action principale ainsi que des scènes se déroulant en enfer prennent place sur deux petits paliers superposés d’un côté de la scène. De l’autre côté, un rideau transparent met en évidence des personnages observant de loin l’action, faisant d’eux les témoins, en quelque sorte, du public. Au fond, deux escaliers mènent à une sorte de balcon, sous lequel se dessine un couloir. Les escaliers et le balcon produisent un effet de grandeur chez les personnages qui s’y trouvent. Cependant, cet effet ne semble pas s’appliquer aux mortels, êtres invisibles aux yeux des dieux.  

L’éclairage et le jeu de lumière sont adaptés à la théâtralité de la pièce et illustrent avec succès le contraste entre les ambiances des scènes : le rouge assombrit le monde infernal des mortels et l’enfer même, tandis que le bleu, le vert et le blanc illuminent l’Olympe. Le silence règne pendant la majorité des scènes pour laisser place au drame.

Le chœur, invisible quoique omniprésent, représente l’humanité souffrante. Recroquevillé et perché au-dessus des dieux, le chœur observe et commente tout ce qu’il voit, d’une voix unie, déchirée, sans se faire entendre. Lorsque Pandore regrette d’avoir ouvert la boîte mystérieuse que Zeus lui avait interdit d’ouvrir et essaie d’aider les mortels, le meneur du chœur, joué par Nicholas Mackenzie, crie d’une voix puissante et glaçante dans le vide : « Elle n’aurait pas eu besoin de faire quoi que ce soit de plus si elle n’avait rien fait du tout! » Les comédiens qui forment le chœur personnifient ainsi la misère. Leur sort touche sans aucun doute la sensibilité du public.

Il en est de même pour le personnage de Déméter, la mère de Perséphone. Incarnée par Elsie Abang, Déméter est entièrement dévouée à sa fille Perséphone et la conduite de Zeus, son mari manipulateur, l’enrage. Leur fille, jouée par Allison Holden, est douce, discrète, solitaire et aimée de tous. Elle se lie d’amitié avec Pandore, dont le caractère ressemble à celui de Perséphone.

Pourtant, les deux adolescentes trahissent les attentes du public en défiant les souhaits de Zeus. Holden maîtrise son rôle de « bonne fille » qui est déchirée entre le désir de répondre aux volontés de sa mère et celui de connaître l’amour, mais qui finit par se plonger dans un amour improbable et ambivalent avec Hadès, soit Jirah Greaves, son parfait contraire.

Certains personnages, joués par des comédiens doués, suscitent des réactions de dégoût, de colère et même d’humour. Zeus (Jordan Stal) est égoïste, Épiméthée (Ryan Yacknovets) a un orgueil démesuré. Les Maux personnifient le mal et sèment le chaos, même si l’on se demande ce qui fait d’Espérance un mal. Madeleine Borg interprète le rôle d’Hermès, messagère divine, par le biais d’un langage factuel et teinté d’ironie. Les personnages divers contribuent au développement de l’intrigue.

« J’aurais aimé que l’intrigue se corse un peu plus, mais dans l’ensemble, les bouts de l’histoire étaient bien liés », affirme Marie Gomez, une spectatrice. En effet, l’amour entre Prométhée et Perséphone, quoiqu’unique dans sa forme et incarné avec passion par Salloum et Lie, aurait pu être plus développé. De plus, le public ne voit pas Épiméthée lorsqu’il trouve le couteau fatal d’Hermès, ce qui suscite à la fois surprise et confusion.

Malgré tout, les comédiens incarnent avec grâce les forts liens émotionnels qui s’esquissent tout au long de la pièce. OfGods and Mortals marque une importante transition théâtrale pour les Productions Cœur de lion, qui écrira et mettra sans doute en scène d’autres pièces originales.

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