Réforme électorale au Canada: où en sommes-nous?

Photo: CBC

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En 2015, une des promesses de la campagne du Parti libéral était qu’ils prendraient en considération les effets d’une réforme électorale sur un système plus proportionnel. Après l’élection, un comité a été créé avec le mandat de faire des recherches sur des changements qui pourraient être créés. Lorsque le comité a proposé de soumettre la question de la réforme à un référendum, Maryam Monsef, la ministre de la réforme démocratique à l’époque, a critiqué le comité. Les recommandations faites par des membres du Parti libéral à l’intérieur du comité ont déclaré qu’il ne fallait pas trop se précipiter vers une réforme électorale.

Après avoir été fortement critiqués par les autres partis et par la presse, les Libéraux ont publié un questionnaire en ligne sur la réforme électorale. On a reproché au sondage que les questions étaient trop partiales et subjectives et qu’elle d’évitaient une discussion réelle sur la représentation proportionnelle. Devant ces constats, le comportement des Libéraux est peu surprenant; un gouvernement élu grâce à un système partial est logiquement moins enclin à changer ce système. Il faudra plus de pression de la part de la population générale, des partis d’opposition, des médias et des groupes d’intérêts afin que le gouvernement tienne sa promesse sur la réforme électorale. Entretemps, il faut la peine de connaître et d’évaluer les options.

Il existe une multitude d’options alternatives de vote, et chacune possède ses forces et ses faiblesses. Dans un système de scrutin préférentiel, les circonscriptions demeurent, mais les électeurs peuvent choisir de classer les candidats par ordre de préférence; un gagnant est sélectionné par un certain nombre de calculs de ruissellement jusqu’à ce qu’un gagnant avec un soutien de 50% soit trouvé. Ce système implique une réduction des bulletins de vote perdus, ce qui signifie que les électeurs peuvent se sentir plus confiants en votant pour de petits partis. Cependant, il est probable que lors des votes au ralenti, un système préférentiel est encore largement avantageux pour les partis centristes.

Sinon, un système de représentation proportionnelle fournirait des sièges aux partis basés simplement sur le rapport total des votes nationaux; aucun vote ne pourrait être perdu dans le cadre de ce système et le processus lui-même est encore simple. Cela aiderait les petits partis, comme les Verts, qui recueillent une bonne partie du soutien national, mais qui ne sont pas assez puissants pour gagner la majorité dans une circonscription.

Un système de représentation proportionnelle à l’échelle nationale éliminerait complètement le choix d’un représentant par circonscription puisque les partis choisiraient les sièges parmi un groupe de candidats. Ceux-ci ne seraient plus liés à des régions ou des communautés déterminées, ce qui rendrait la prise en compte des questions régionales difficiles lors de la création des politiques. Si les sièges étaient répartis plus uniformément entre les partis, la probabilité de former un gouvernement majoritaire serait réduite. Puisque les coalitions fédérales sont rares au Canada, la représentation proportionnelle produirait probablement des gouvernements minoritaires, qui sont souvent moins stables.

Le système de représentation proportionnelle mixte est un mélange des deux systèmes mentionnés précédemment. Dans ce système, le vote d’un individu est compté à la fois pour le district et pour un plus grand nombre à l’échelle de la région. Autrement dit, les électeurs pourraient choisir de voter une fois pour leur district et une fois pour une région plus grande. Ce système présente à la fois les avantages et les inconvénients de la représentation proportionnelle, mais il est aussi beaucoup plus compliqué et donc moins probable à être accepté par la population générale.

D’autres débats sur le processus électoral incluent la question du vote en ligne. Ceux en faveur du vote en ligne maintiennent que cela ferait augmenter la participation des électeurs en leur facilitant l’accès au vote et en accélérant le processus. Cependant, voter en ligne augmente le risque que les votes soient manipulés par des sources extérieures. Des révélations récentes sur les influences russes lors des élections américaines fournissent un récit de mise en garde sur la fiabilité de l’Internet quant au processus démocratique.