Pro Tem is the Bilingual Newspaper of Glendon College. Founded in 1962, it is York University’s oldest student-run publication, and Ontario’s first bilingual newspaper. All content is produced and edited by students, for students.

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Pro Tem est le journal bilingue du Collège Glendon. Ayant été fondé en 1962, nous sommes la publication la plus ancienne de l’Université York ainsi que le premier journal bilingue en Ontario. Tout le contenu est produit et édité par les étudiants, pour les étudiants.

Tes lunettes roses

Tes lunettes roses

La rencontre

Quand on s’est rencontrés,

Honnêtement, je n’ai ressenti aucun sentiment d’amour,

Ou même pensé que tu étais beau.

Tu étais de taille moyenne et ta nuque était droite.

Tu avais le teint pâle, avec des veines très dessinées sur tes bras et sur ton cou.

Tes veines ressemblaient à des doigts de squelettes.

Tu avais un visage allongé et des joues amaigries, comme celles d’un soldat durant la guerre.

Tu avais des lèvres peu marquées qui se courbaient vers le bas,

Et une grimace permanente.

Tes yeux étaient bruns et tes paupières étaient enflammées.

Ces yeux ne me captivaient pas,

Ils ne rendaient pas ce que tu disais fascinant.

Je n’ai pas pensé à toi après mon départ.


  1. Au retour

Chez moi, je suis entourée d’amis.

Et de toi.

Tu n’es pas venu bredouille.

Tu m’as donné une boîte dentelée de bonbons et une bouteille de liqueur douteuse.

Je l’ai quand même prise.

Nous nous sommes assis sur le canapé,

Tu t’es assis à côté de moi sans trop y penser.

Pendant la nuit, ta voix puissante s’est cassée après avoir bu l’alcool qui coulait de tes lèvres.

Je me suis rendu compte que tu t’adressais seulement à moi lorsque tu parlais.

Ta voix était silencieuse, comme si tu avais un secret à m’offrir.

Ton souffle roulait sur ma joue comme si tu m’embrassais.

Je ne sais pas ce qui m’a poussé à me rapprocher de toi.

Cela ne semblait pas te déranger.

Peut-être que tu voulais que je me rapproche.

Tu m’as offert un bonbon et je l’ai pris.

Après ton départ, j’ai pensé à toi.

  1. Encore

C’était le milieu de l’été.

Nous marchions ensemble, nos bras se touchaient.

Était-ce un accident ou était-ce fait par exprès ?

De toute façon, ça ne me dérangeait pas.

C’est à ce moment-là que j’ai vu tes yeux.

Ils étaient différents,

Pas pour leur couleur ou pour leur forme.

Mais l’un était brillant et l’autre était triste.

J’ai couvert l’œil triste avec ma main.

Tu as ri en retirant ma main et en disant que tu pouvais toujours percevoir la beauté à travers cet œil.

Cette nuit-là, j’ai rêvé à toi.


  1. La dernière fois

Nous nous sommes assis en silence sur mon canapé.

Tu m’as offert un bonbon, mais il avait un goût aigre.

Tu devais partir le lendemain.

Tu m’as assuré que nous parlerions chaque jour pendant ton absence.

Comme j’étais bête.

C’était le début de la fin.

Pourtant, je me suis penchée vers toi.

Tes bras m’ont entourée.

Nous ne nous sommes pas embrassés cette nuit-là.

Je ne sais pas si c’était une décision sage de ma part.

Tu devais partir, mais tu ne t’es pas retourné vers moi en partant.

Alors, en m’appuyant sur le cadre de la porte, je me suis rendu compte que tu étais beau.

Tes veines dessinées semblaient avoir été peintes soigneusement par un artiste.

J’ai pensé à tes joues creuses, blotties dans la courbe de ma main.

À tes lèvres, toujours courbées vers le bas, émettant un rire musical.

Et à tes yeux.

Mes propres yeux sont devenus tristes.

J’ai pleuré cette nuit en pensant à toi.


  1. La douleur

Ma poitrine n’a jamais été aussi lourde.

Le silence entre nous n’a jamais été aussi fort.

Mais, s’il te plaît, dis-moi, vois-tu encore de la beauté à travers ton œil triste?  

Lessons in Healthy Friendships

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Existential Sadness

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